Nous aussi, en tant que citoyens, nous devrions prendre en main la politique comme au Mali

Après de fortes manifestations dans tout le pays, le gouvernement malien a dû démissionner : C'est l'un des plus grands exportateurs d'or au monde. C'est le sixième pays le plus pauvre du monde. La faim a augmenté massivement. La destruction de l'Etat libyen par les pays de l'OTAN a entraîné la violence au Mali et a également déstabilisé ce pays. L'ancienne élite malienne était étroitement liée à l'ancienne puissance coloniale, la France. Le pays a besoin de temps pour mettre fin à cette violence et pour que les citoyens puissent construire de nouvelles forces politiques. Les forces qui ne veulent pas donner ce temps au Mali, afin que les anciennes familles s'imposent lors d'élections prématurées, cherchent aujourd'hui à bloquer ce processus de refondation. La France, l'UE, les États-Unis et leurs partenaires d'Afrique de l'Ouest ont décidé de sanctions sévères, bien qu'il soit clair que celles-ci vont accroître la pauvreté, attirer encore plus de groupes violents et augmenter la fuite du pays. Cela prouve une fois de plus que ce qui importe au bloc occidental, c'est son maintien au pouvoir, son contrôle sur l'Afrique et surtout sur ses matières premières et ses marchés, et non la réduction des causes de fuite ou du terrorisme. Et pour l'exploitation des matières premières, ils cherchent à cimenter le pouvoir de la petite élite qui leur assure l'accès à ces marchés et à ces matières premières. Ou, comme en Libye, renverser ceux qui ne fonctionnent pas, pour ensuite obtenir les matières premières en collaborant avec des milices. Les élites de ces pays, lorsqu'elles fonctionnent, vivent bien et reçoivent leur part du gâteau, tandis que la majorité des Africains n'ont pas de sécurité sociale ni de réelles perspectives de vie, comme la majorité des habitants des pays occidentaux.


Nous ne pouvons pas attendre des élites africaines ou des forces bénéficiaires dans les pays occidentaux qu'elles changent cela. Les privilégiés ne se sont que très rarement engagés en faveur de la justice pour tous.


Mais ce n'est pas une raison pour renoncer à cet objectif. Il suffit de le savoir : Si nous voulons l'atteindre, nous avons besoin de l'union des personnes qui n'ont pas droit à leur dû aujourd'hui. Ils doivent commencer à prendre ce monde entre leurs mains, à s'occuper de ce par quoi ils ne sont pas formés : Organiser eux-mêmes l'économie et l'État afin qu'ils travaillent pour tous et pas seulement pour des minorités privilégiées.


Pour ce faire, nous devrions défendre et imposer les acquis de la civilisation que l'humanité a obtenus, surtout après la Seconde Guerre mondiale - même si ce n'est parfois que sur le papier : L'interdiction de la guerre et de la violence dans la Charte de l'ONU, les droits de l'homme sociaux, culturels et politiques dans la Déclaration universelle des droits de l'homme, le Pacte civil et le Pacte social de l'ONU.


Il y a été décidé de construire un monde dans lequel personne ne doit plus vivre dans le besoin et la peur, car tous ont des droits humains. Mais comme au Mali, nous aurons besoin pour cela d'une refondation de nos pays et du monde, directement portée par la majorité des gens eux-mêmes.


Avec notre campagne "Fix our countries, Fix our world", nous voulons y contribuer. Si tu partages ce point de vue, tu peux t'y atteler avec nous : info@internationale-friedensfabrik-wanfried.org, info@initiative-blackandwhite.org. Nous reprenons ici l'initiative et l'idée du Ghana : Au cours des derniers mois, le mouvement non partisan et démocratique Fix the country s'est formé là-bas !


Demain, le 23 janvier, nous organiserons notre webinaire sur ce thème à 19 heures : le lien : https://us02web.zoom.us/j/3216854044

Et si tu penses que ce n'est pas possible, regarde la mise en garde de Bertold Brecht :



Monsieur Keuner et les journaux


Monsieur Keuner rencontra Monsieur Wirr, le combattant contre les journaux. "Je suis un grand adversaire des journaux", dit M. Wirr, "je ne veux pas de journaux".


Monsieur Keuner répondit : "Je suis un plus grand adversaire des journaux : je veux d'autres journaux". "Ecrivez-moi sur un bout de papier", dit M. Keuner à M. Wirr, "ce que vous demandez pour que des journaux puissent paraître. Car des journaux vont paraître. Mais exigez un minimum. Si, par exemple, vous permettiez à des corrompus de les réaliser, je préférerais que vous demandiez des incorruptibles, car je les soudoyerais tout simplement pour qu'ils améliorent les journaux. Mais même si vous exigez des incorruptibles, commençons à en chercher, et si nous n'en trouvons pas, commençons à en fabriquer. Écrivez sur un bout de papier ce que doivent être les journaux, et si nous trouvons une fourmi qui approuve le bout de papier, nous commencerons tout de suite. La fourmi nous aidera davantage à améliorer les journaux qu'un cri général sur l'absence d'amélioration des journaux. En effet, une montagne sera plus facilement éliminée par une seule fourmi que par la rumeur qu'elle est impossible à éliminer".


Si les journaux sont un moyen de désordre, ils sont aussi un moyen d'ordre.


Wolfgang Lieberknecht



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